La fièvre verte de l’immobilier

Les foncières, promoteurs, exploitants de complexes immobiliers vont se lancer à corps perdu dans la bataille pour l’environnement. La prise de conscience environnementale est relativement récente bien que l’équation qui la sous-tend soit d’une simplicité déconcertante : réduire les consommations d’eau ou d’énergie c’est réduire les charges d’exploitations. De même miser sur le covoiturage ou la proximité des transports en commun c’est réduire l’investissement et l’entretien des parkings, dessertes et accès.

Pas besoin d’un schéma ! Pourtant on observait jusqu’à présent une vraie frilosité de la part des acteurs immobiliers. Cela coûte plus cher à l’investissement…mais certains disent qu’on s’y retrouve à l’exploitation. Et si c’était vrai ? Ca l’est ! Les retours d’expérience sont tout à fait éloquents. De 10% à 20% de la facture énergétique peut-être sauvés  facilement nous dit le Pension & Investments magazine. Cela signifie plusieurs millions d’euros qui n’apparaîtront plus dans les charges d’exploitation.

A l’occasion du salon Innovative Building, le responsable innovation de Bouygues Immobilier a présenté les innovations en matière de gestion du bâtiment du tout nouveau Green Office : leur vaisseau étendard en matière d’environnement. C’est un bâtiment résolument pensé pour abaisser sa facture environnementale à la fois par le choix des matériaux, des équipements techniques et de la gestion technique du bâtiment. Il concède que le coût d’investissement est supérieur aux bâtiments standards. Donc les loyers seront supérieurs aux standards du marché. Qui seront les illuminés qui accepteront de payer ? Ceux là mêmes qui verront la facture liée à l’exploitation fondre comme neige au soleil. A contrainte économique équivalente le promoteur va pouvoir rentabiliser son investissement de départ sans que l’occupant ne soit pénalisé par son choix initial.

Si on met la même force dans la réhabilitation des bâtiments (le renouvellement du parc immobilier en France ne représente que 2% du total) alors on aura fait un bond de géant !

Quentin Bertrand